La guerre et ses geôles, et plus tard les sombres bureaux de l’administration, ont fait grandir en moi l’univers de mon enfance : champs dorés des moissons de juin, la place du village, effervescente transhumance et fêtes champêtres…
Plus l’univers se rétrécissait autour de moi, plus en moi l’espace grandissait. Il fallait que jaillisse ce souffle créateur. Les formes et les couleurs poussaient les portes, ma main se mit à dessiner, je pris des cours à l‘École de dessin de Bayonne. C’était le début des années 60.
Mon professeur Louis-Frédéric Dupuis, qui depuis quelques années déjà, explorait son propre chemin pictural, m’encouragea à laisser parler ma spontanéité, à faire fi des barrières académiques et parcourir mes paysages intérieurs.

C’est en 1964, lors de ma première exposition à Paris, à la galerie Mona Lisa, que le critique d’art Anatole Jakowsky officialise mon entrée dans le monde des peintres naïfs, à la suite de quoi, je n’ai cessé de peindre et d’exposer.

Si mon enfance béarnaise a jeté les fondations de mon inspiration, ma vie au pays basque, près du puissant océan, a continué à alimenter ma source. Le port, les pêcheurs, les scènes traditionnelles du folklore basque, la montagne, la famille, toute cette vie simple nourrissait mon besoin de sérénité. Ma quête de peintre fut de tenter de capturer sur la toile ces bribes de bonheur, fugaces et inaltérables.

Portrait pour bio – Henri Lauga