‘‘On n’obtient de grandes lumières que par l’opposition des ombres’ – Diderot

L’Hôtel du Palais, la Grande plage, le Rocher de la vierge, le Phare Saint-Martin, tous ces noms évoquent Biarritz et font sa renommée. Pourtant, que seraient ces lieux sans la diva insaisissable régnant ici ?
La lumière habille Biarritz. Au fil du temps, au gré de ses humeurs, chaque jour différente, des ciels anthracites à la voute d’azur profond, elle joue de sa palette sur la côte rocheuse. Mais l’heure du grand spectacle, son heure à elle, c’est lorsque peu à peu, elle cède la place aux ombres. Les êtres deviennent silhouettes, les paroles se font sourdes, le ciel avale la clarté et elle, offre son grand final. Selon le temps et la saison, ce seront des flamboiements de pourpre et d’or, de délicats drapés de roses et de violets, ou des volutes bleues, sombres et menaçantes. Devant tant de beauté, les yeux et le coeur semblent trop étroits. On reste ainsi un long moment, jusqu’à ce que l’ombre devienne maîtresse. Ce passage délicat du temps, propice au spleen, a depuis quelques années, une tonalité féérique. A présent, les clairs-obscurs du crépuscule se parent de doux éclats lumineux semés sur les roches et sur les façades. Un artiste y a déposé sa touche. Du Phare Saint Martin au Port Vieux, les illuminations tableau juste, et simplement beau. La Ville a confié à Pierre Bideau, architecte de lumière, concepteur notamment de l’éclairage de la Tour Eiffel, la mise en scène de la bande de littoral. Il a su créer avec talent, un écho nocturne à la diva Lumière, et chaque soir, entre chien et loup, c’est sous les tendres projections de clartés qu’elle tire sa révérence.